Les représentants des États méditerranéens et de l’Union européenne ont discuté de nouvelles mesures visant à freiner la pollution, à protéger la biodiversité et à stimuler la croissance bleue dans la région méditerranéenne.
Les décisions examinées par les Points focaux du PNUE/PAC sont cruciales pour la réalisation du Bon état écologique en Méditerranée.
La 21e Conférence des Parties contractantes à la Convention pour la protection de l’environnement marin et de la région côtière de la Méditerranée (COP21 Convention de Barcelone) examinera les décisions en vue de leur adoption les 2-5 décembre 2019 à Naples, en Italie.
Les Points focaux du Programme des Nations unies pour l’environnement/Plan d’action pour la Méditerranée (PNUE/PAC) se sont réunis à Athènes du 10 au 13 septembre 2019 pour examiner les progrès des activités menées au cours de la période biennale 2018-2019, le Programme de travail pour les deux prochaines années (2019-2020) et plusieurs projets de décisions à soumettre pour adoption à la 21e Conférence des Parties contractantes à la Convention de Barcelone (COP21, 2-5 décembre 2019, Naples, Italie).
La plupart des Parties contractantes (21 États méditerranéens et l’Union européenne) étaient représentées à la réunion des Points focaux de quatre jours, qui s’inscrit dans le processus intergouvernemental coordonné par le PNUE/PAC en vertu de la Convention de Barcelone. Les Points focaux des Parties contractantes se réunissent tous les deux ans pour examiner les aspects techniques et financiers des projets de décisions avant leur soumission pour adoption par la COP, l’organe directeur suprême de la Convention. Des partenaires du PNUE/PAC, notamment des organisations non gouvernementales, des organismes des Nations unies, des institutions spécialisées, des secrétariats de conventions et des organisations intergouvernementales, assistaient à la réunion en tant qu’observateurs.
La réunion des Points focaux du PNUE/PAC a été ouverte le 10 septembre 2019 par Mme Klodiana Marika de l’Albanie, Présidente du Bureau des Parties contractantes à la Convention de Barcelone, M. Gaetano Leone, Coordinateur du Plan d’action pour la Méditerranée, et M. Konstantin Aravossis, Secrétaire général pour l’environnement naturel et l’eau au sein du ministère grec de l’Environnement et de l’Énergie. Dans sa déclaration, M. Leone a salué le soutien continu des Parties contractantes à la mise en œuvre de la stratégie à moyen terme du PNUE/PAC dans un contexte de dégradation environnementale mondiale, auquel la région méditerranéenne n’est pas à l’abri.
« Une action immédiate et concertée est nécessaire, notamment en vue de la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable 14 relatif à la vie aquatique », a observé M. Leone qui a également souligné la pertinence des thèmes abordés lors de la réunion au regard de l’agenda environnemental mondial, notamment le Sommet d’action pour le climat de 2019, la prochaine Conférence de Santiago sur les changements climatiques, la Décennie des Nations unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030) et les préparatifs en cours en vue de l’adoption d’un Cadre mondial pour la biodiversité après 2020. « Le mandat du système PAC-Convention de Barcelone n’a jamais été plus pertinent », a-t-il conclu.
Au cours de quatre jours de délibérations (10-13 septembre 2019), les Points focaux du PAC ont examiné de nombreux projets de décisions portant sur la prévention et la réduction de la pollution, la biodiversité marine et l’économie bleue dans la région méditerranéenne, notamment :
six nouveaux plans régionaux visant à réduire ou à prévenir la pollution marine provenant de sources terrestres ;
de nouvelles normes et lignes directrices pour freiner la pollution en vertu de trois protocoles de la Convention de Barcelone traitant de l’immersion de déchets, des sources marines et des sources terrestres ;
des lignes directrices sur les activités « Adoptez une plage » visant à freiner la pollution marine par les déchets et à abandonner progressivement les sacs en plastique à usage unique ;
des lignes directrices et des normes communes relatives à l’élimination de l’huile et des mélanges huileux, à l’utilisation et l’élimination des fluides de forage et des débris de forage, ainsi que des restrictions et conditions spéciales pour les zones spécialement protégées (ZSP) dans le cadre du Plan d’action pour les activités en mer en Méditerranée ;
un ensemble de mesures régionales visant à soutenir le développement des activités vertes et circulaires et à stimuler la demande de produits durables ;
une évaluation à mi-parcours de la Stratégie méditerranéenne pour le développement durable (2016-2025) et du Plan d’action régional sur la consommation et la production durables en Méditerranée ;
les évaluations environnementales en Méditerranée, notamment une évaluation préalable des risques associés aux changements climatiques et environnementaux dans la région méditerranéenne ;
un cadre régional commun pour la gestion intégrée des zones côtières (GIZC) conforme au Protocole GIZC de la Convention de Barcelone ;
l’identification et la conservation des sites d’intérêt écologique particulier en Méditerranée, notamment les zones spécialement protégées d’importance méditerranéenne (ZSPIM) ;
l’évaluation des progrès réalisés et des défis rencontrés par les pays méditerranéens dans la mise en œuvre de la Cible 11 d’Aichi en vertu de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (D’ici à 2020, au moins 17 pour cent des terres et eaux intérieures et 10 pour cent des zones côtières et marines, particulièrement les zones d’importance particulière pour la biodiversité et les services fournis par les écosystèmes, sont conservés par des systèmes d’aires protégées gérées efficacement et équitablement, écologiquement représentatifs et bien reliés, et par d’autres mesures de conservation efficaces par rapport à la biodiversité, intégrés dans le paysage et la zone côtière plus larges) ;
le Programme d’action stratégique pour la conservation de la diversité biologique (SAP BIO) dans la région méditerranéenne ; la stratégie relative au phoque moine ; les Plans d’action concernant les tortues marines, les poissons cartilagineux et la végétation marine ; et la classification des types d’habitats marins benthiques pour la région méditerranéenne et la liste de référence des types d’habitats marins et côtiers en Méditerranée ;
les lignes directrices révisées régissant le placement de récifs artificiels en mer.
En outre, les Points focaux du PNUE/PAC ont discuté d’un projet de feuille de route pour la désignation possible de la mer Méditerranée en tant que zone de contrôle des émissions (ZCE) pour les oxydes de soufre (SOx) en vertu de l’annexe VI de la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL). La limitation des émissions de SOx provenant du trafic maritime, qui se produisent souvent à proximité des côtes densément peuplées des pays méditerranéens, apportera des avantages sanitaires importants.
Les orientations stratégiques du PNUE/PAC ont également été au centre des débats puisque les Points focaux ont discuté d’une feuille de route pour la préparation de la Stratégie à moyen terme (2022-2027). Ce processus sera piloté par les Parties contractantes et comprendra des consultations avec les parties prenantes.
Au cours de 2019, plusieurs consultations intergouvernementales thématiques se sont déroulées sous les auspices du PNUE/PAC afin de préparer les projets de décisions qui ont été examinés par la réunion des Points focaux, ouvrant ainsi la voie à la COP21.
En plus d’examiner les projets de décisions en vue de leur adoption, la COP21 (Naples, Italie, 2-5 décembre 2019) accueillera des discussions au niveau ministériel dans le but de mettre en évidence les liens entre les processus mondiaux et les développements régionaux en Méditerranée. L’Envoyé du Secrétaire général des Nations unies pour l’océan, Son Excellence M. Peter Thomson, et d’autres personnalités éminentes devraient participer à la session de haut niveau.
La COP21 marquera une étape importante dans le processus de gouvernance environnementale méditerranéenne que le PNUE/PAC continue de coordonner avec succès malgré les disparités dans les contextes socioéconomiques et les capacités des Parties contractantes à la Convention de Barcelone.